Cuba n’est pas une destination que l’on traverse, c’est une île que l’on ressent. Une île qui se raconte en couleurs, en musique, en sourires, en lenteur, en scènes de vie simples et profondément humaines. Une île où chaque façade, chaque voiture, chaque place, chaque regard porte une histoire. Une île qui ne ressemble à aucune autre.
Le 26 janvier 2018, nous nous envolons pour Cuba à bord d’Air Caraïbes. Nous arrivons à La Havane dans l’’après‑midi. Malgré le décalage horaire et la fatigue, l’envie de découvrir est plus forte que tout. Après nous être installés dans la casa particular réservée par l’agence, nous partons découvrir le centre historique, situé à deux pas, pour s’imprégner de l’ambiance de la ville.
La Havane, une ville en mouvement, entre ruines et renaissance
2 nuits
Premiers pas dans le centre historique
La Havane se dévoile dans sa lumière du soir : brute, authentique, contrastée. La nuit tombe, les lumières s’allument. Il vient de pleuvoir alors la ville est un peu calme pour notre première soirée.
Direction Plaza Viera pour notre tout premier dîner. La Havane est d’un abord agréable en soirée. Nous terminons cette première sortie par un petit tour dans le quartier avant de rentrer pas trop tard pour profiter du lendemain.
Après un bon petit-déjeuner, nous sommes prêts à arpenter les rues de La Havane à pied. Elles sont vivantes, les façades sont colorées, beaucoup de bâtiments sont en ruine, mais certains sont en cours de rénovation. Les façades, classées, sont conservées et restaurées. L’intérieur des bâtiments est totalement détruit et les planchers et tout l’intérieur sont refaits à neuf. Ce qui produit un étonnant contraste entre la vue de l’extérieur type années 50 et la découverte d’un environnement ultra-moderne lorsqu’on entre dans le bâtiment. Nous avons visité un musée dont l’aspect extérieur était un bâtiment en pierre d’époque mais une fois entrés, la galerie était entièrement neuve avec des murs blancs, des spots aux plafonds et climatisée…
La Havane en contraste : du Barrio Chino au Malecón
Nous partons ensuite découvrir le quartier chinois: El Bario Chino. Un quartier étonnant, presque désert, où les bâtiments en ruine côtoient des façades restaurées. Certains bâtiments sont en cours de rénovation, avec des échafaudages sur les façades, les murs sont fissurés, les couleurs délavées. Ce que j’y trouve n’a rien à voir avec ce que j’imaginais. Pas d’animation aucun signe d’une communauté chinoise.
Ce quartier raconte une autre Havane : une Havane fragile, en reconstruction, qui renaît doucement. L’ambiance est silencieuse, presque suspendue. Un contraste saisissant avec le centre historique animé.
Nous repartons ensuite vers le centre historique et le changement d’ambiance est immédiat.. Les rues sont animées, les voitures anciennes circulent, les Cubains font leurs courses. Tout est vivant, dense, humain.
Je prends le temps d’observer : Les bâtiments parfois en ruine mais habités, les balcons en fer forgé, les portes massives, les fenêtres ouvertes, les intérieurs visibles, les enfants qui jouent, les chiens errants, les vendeurs ambulants.
Nous marchons ensuite jusqu’au Malecón. Les vagues frappent le muret, le vent souffle, les couleurs sont ternes.Quelques voitures anciennes circulent. Nous prenons le temps de nous asseoir sur le bord de la digue et observons la scène. Encore une fois nous nous imprégnons de l’ambiance que dégage ce lieu. Une ambiance brute, humide, qui nous montre La Havane sous un autre jour.
Nous poursuivons notre chemin vers le Castillo de San Salvador de la Punta. La visite est rapide. Les murs sont épais, les canons encore présents. La vue sur la baie est agréable, mais le lieu reste simple. Une étape historique qui complète notre découverte du bord de mer.
Nous terminons notre balade par le Paseo de Martí, où se tient un marché artisanal. On y trouve des peintres, des musiciens… c’est un lieu de rencontre. Les artistes discutent, sourient, expliquent leur art. Notre première immersion dans la culture locale. C’est aussi le lieu de prédilection pour l’achat ou la vente de biens immobiliers.
Cette journée à La Havane nous laisse une impression forte : une ville vivante, contrastée, colorée, chaotique, authentique, qui surprend et qui marque dès les premiers instants. La Havane est une ville que l’on ressent avant de la comprendre.
En fin de journée, nous allons chercher notre voiture de location afin de prendre la route tôt le lendemain matin vers Cienfuegos.
Cienfuegos : architecture néocoloniale au bord de l'une des plus belles baies des Caraïbes
1 nuit
Dès les premiers kilomètres, nous découvrons une autre facette de Cuba. L’autoroute est presque vide et comporte de nombreux nids de poule. Nous dépassons autant de vélos, de charrettes et de tracteurs que de voitures. La circulation est lente, rurale, étonnante. Ce trajet me plonge déjà dans un Cuba différent de La Havane : plus calme, plus agricole.
Après quelques heures de route, nous arrivons à Cienfuegos et je ressens immédiatement une atmosphère particulière. La ville est plus élégante, plus ordonnée, plus lumineuse. Les bâtiments coloniaux se succèdent, les rues sont plus larges, et l’ambiance générale est douce.
Nous nous rendons directement sur la place centrale, un lieu qui vit au rythme des habitants. Il y a un bar avec des musiciens en train de jouer. Nous nous y installons pour y siroter une menthe à l’eau , nous mettre au diapason de la ville et décider du programme de la journée.
En premier lieu, nous nous décidons pour une visite du théâtre Thomas Terry, un incontournable de la ville. C’est un bâtiment resté dans son jus. Les fresques, les boiseries, les balcons d’origine… tout semble figé dans le passé. La visite est courte, mais le lieu a un charme particulier, comme suspendu dans le temps. C’est vraiment fantastique.
Dans le quartier, l’après-midi, les enfants jouent dans la rue. Ils s’amusent à descendre les trottoirs des rues en pentes sur sur des planches à roulettes. Dans le dédale de ruelles, nous arrivons à l’entrée du musée historico naval national que nous décidons également de visiter.
Nous nous dirigeons ensuite vers le marché artisanal, que je considère comme le plus beau de tout notre voyage. Les stands sont variés, les créations originales, les pièces de qualité. Je prends le temps de regarder et de discuter avec les artisans…Ce marché me plaît par sa richesse et sa diversité. Nous avons d’ailleurs ramené beaucoup de souvenirs achetés sur ce marché artisanal.
En fin de journée, nous rejoignons le centre-ville. L’ambiance a changé : les habitants se regroupent autour des bornes Wi‑Fi, téléphones à la main. Certains discutent ensemble, d’autres appellent leurs proches, d’autres encore envoient des messages. Une image simple, mais forte, qui raconte beaucoup de leur quotidien. Nous profitons de la soirée pour partir à la recherche d’un restaurant où dîner au bout du malécon vers Punta Gorda.
Cienfuegos me laisse une impression douce. Une ville élégante, calme, lumineuse, où je me sens bien. Une étape apaisante, qui contraste avec l’énergie de La Havane.
Trinidad et ses environs
3 nuits
Après notre halte à El Nicho, nous arrivons enfin à Trinidad. Très vite, nous nous rendons compte que le centre‑ville est interdit aux voitures, sauf pour les résidents. Nous parvenons à entrer en voiture dans le centre historique en précisant que notre casa particular se trouve dans cette zone et qu’elle dispose d’un stationnement privé. La voiture restera garée la plupart du temps dans la cour d’un voisin, moyennant un petit supplément.
La ville musée
Le centre piéton et l’architecture lui confère une une atmosphère particulière. Nous sommes à une autre époque (mais les touristes et le « rendez-vous de 18h » nous ramène chaque soir à l’époque actuelle). Trinidad est mentionnée dans tous les guides comme une étape incontournable, et elle ne dément absolument pas sa réputation.
Les rues sont pavées et irrégulières. Les maisons colorées — vertes, bleues, jaunes — semblent figées dans le temps. Nous marchons lentement, simplement pour nous imprégner un peu plus de ce retour en arrière dans le temps. Les façades sont parfois restaurées, parfois abîmées, mais toujours authentiques. Tout semble avoir été préservé. Nous avons vraiment l’impression d’être dans une ville qui n’a pas changé depuis des décennies.
Le matin, nous constatons que c’est le moment le plus calme de la journée. La ville se réveille doucement, les rues sont paisibles.
Au contraire en soirée, Trinidad s’anime. Les rues pavées prennent des teintes dorées, ambrées, sous la lumière du soleil couchant. Les couleurs des maisons deviennent plus chaudes, plus profondes. La ville semble s’illuminer naturellement. Dans les rues, la vie locale s’installe. Des habitants jouent aux dominos devant leur maison. Des femmes discutent sur le pas de la porte. Des vendeurs ambulants passent avec leurs petits chariots. Des enfants jouent au ballon dans les quartiers. Tout est simple, vivant, chaleureux. La musique est omniprésente. Dans chaque restaurant, le midi comme le soir, ou dans la rue en soirée, des musiciens jouent en direct. Guitare, percussions, voix… La musique fait partie du repas, de l’ambiance, de la ville.
Nous dînons dans des lieux où les tables sont parfois installées dans des patios, parfois dans des salles anciennes aux murs colorés. Les musiciens jouent quelques mètres plus loin, et les conversations se mêlent aux mélodies. C’est une ambiance douce, vivante, très cubaine, à nouveau. La musique tient une place essentielle dans la culture locale.
La vallée de la canne à sucre
Nous profitons de ces quelques jours à Trinidad pour explorer les environs. Aujourd’hui, nous partons explorer la vallée de la canne à sucre, un lieu chargé d’histoire. Dès notre arrivée, nous voyons la tour Manaca Iznaga, ce grand minaret qui domine toute la vallée. Pour quelques pesos, nous montons les marches une à une, et d’en haut, la vue est impressionnante : des champs de canne à sucre à perte de vue, des terres cultivées, des maisons dispersées, la ligne de chemin de fer et toute la vallée qui s’étend sous nos yeux.
Depuis le sommet, nous ressentons vraiment le poids de l’histoire. C’est ici que travaillaient les esclaves, surveillés depuis cette tour. Le guide nous explique que cette hauteur permettait de contrôler les esclaves dans les champs, de voir leurs déplacements, et d’éviter les tentatives de fuite. Nous imaginons ce que devait être leur quotidien, dans cette chaleur, dans ces champs immenses. C’est un moment fort, silencieux, qui nous touche profondément.
Une fois redescendus, nous dégustons un jus de canne à sucre fraîchement pressé, préparé sous nos yeux. Le goût est doux, sucré, très agréable. Nous reprenons ensuite notre route vers une hacienda encore en rénovation. Nous nous approchons et entamons la discussion avec le propriétaire. Il tient aussi un bar et nous y emmène. Nous choisissons à nouveau de boire un jus de canne à sucre tellement c’est bon. Il nous explique les étapes, nous montre la presse, et nous participons même à la réalisation du jus avec lui. c’est très physique.
Il nous emmène ensuite vers l’ancien chemin de fer, vestige d’une époque où une ligne desservait la vallée. Il tente de nous raconter l’histoire en cubain, mais notre espagnol est limité, (seulement 6 mois d’apprentissage sur une appli). Sans réseau Internet pour nous aider à traduire, la communication est difficile, mais nous faisons de notre mieux pour nous comprendre.
Malgré la barrière de la langue, la rencontre est très belle. On sent qu’il a envie de partager son quotidien, de nous montrer comment les choses fonctionnent, de nous faire découvrir son environnement. Nous passons un excellent moment avec lui.
Randonnée à Topes de Collantes : une immersion sauvage dans les montagnes cubaines
Après notre dernière matinée à Trinidad, nous partons pour Topes de Collantes, un vaste parc naturel situé dans les montagnes de l’Escambray. La route qui y mène est déjà une aventure à elle seule : elle serpente entre les collines, traverse des zones boisées, et offre des panoramas magnifiques sur la région. Une fois arrivés, nous découvrons qu’il existe de nombreuses randonnées, quelques unes accessibles pour notre niveau débutant, mais la plupart sont beaucoup plus techniques. Nous nous rendons vite compte que beaucoup de sentiers demandent un bon niveau physique.
Nous choisissons de partir seuls, sans guide. Le sentier que nous avons choisi , le Sendero Salto del Caburni, descend pendant plusieurs heures pour rejoindre une vasque au pied d’une magnifique cascade. ce sentier est parsemé de rochers aux formes magiques. La descente est agréable, mais nous savons déjà que la remontée sera plus compliquée. Au fil du chemin, nous traversons des zones ombragées, des passages plus ouverts, et nous entendons le bruit de l’eau qui coule dans la vallée. Le paysage est très vert, très sauvage. Nous y croisons uniquement quelques marcheurs.
La remontée, comme prévu, est très difficile. Le dénivelé est important, et la chaleur rend l’effort encore plus intense. Nous comprenons alors pourquoi nous avons vu des chevaux en attente à mi-chemin lors de l’aller : ils sont proposés aux visiteurs qui le souhaitent pour leur éviter la fatigue de la remontée lors du retour. Nous continuons à pied, en prenant notre temps.
En arrivant en haut, nous faisons une pause fraîcheur bien méritée. Nous achetons une noix de coco fraîche, dont nous buvons l’eau. C’est extrêmement rafraîchissant après l’effort. Il y a une petite boutique sur le bon de la route, le vendeur est très fier de nous offrir chacun du collier en guise de totem pour nous récompenser de l’effort accompli.
Cette journée à Topes de Collantes nous a enchanté. C’est un lieu naturel, brut, physique, où l’on ressent vraiment la beauté sauvage de Cuba.
Nous reprenons la route vers Trinidad pour la dernière soirée de cette étape du voyage.
PLAYA LARGA
3 nuits
Playa Larga est une petite ville de pêcheurs située au bord de la mer, simple, tranquille, avec une chouette ambiance locale. Quand nous y arrivons, nous découvrons un endroit où tout semble se dérouler à un rythme plus lent. Les maisons sont modestes, les rues sont calmes, et la vie se concentre autour de la plage et des casas particulares.
Notre casa est accueillante, chaleureuse, avec des hôtes très attentionnés. La plage est accessible à pied, et l’atmosphère y est détendue. Le soir, les habitants proposent des cocktails depuis leurs terrasses, et les visiteurs se mélangent naturellement aux locaux. C’est un lieu où l’on se sent bien, où l’on se repose, où l’on observe la vie cubaine sans artifice. Une étape qui contraste avec les villes les plus touristiques du pays.
Le Parc National de Zapata
Nous consacrons une journée entière à la découverte des environs, notamment le Parc National de Zapata (le secteur de Salinas de Brito). C’est une zone naturelle immense, composée de marais, de mangroves, de forêts et d’une faune très variée. Ce parc ne peut se visiter qu’accompagné d’un guide.
Dans un premier temps, nous nous rendons à l’entrée du chemin. Il y a une guérite qui nous semble vide, une barrière baissée et aucune indication. Donc nous repartons vers le centre du village où j’aperçois des policiers. Je me dirige vers eux pour leur demander comment procéder pour visiter le parc et ils m’adressent à la structure officielle, située à 500 m environ, qui dispose de guides anglophones et francophones pour organiser notre excursion. Nous avons de la chance, une guide francophone est disponible aujourd’hui. Elle monte en voiture avec nous et nous voilà repartis vers l’entrée du parc.
Au fil de la route, nous voyons des marais, des oiseaux, des arbres et le clou du spectacle : le bout du chemin après peut‑être 1h30 de route où nous apercevons de nombreux flamants roses. Le spectacle n’est jamais garanti mais nous espérons voir un envol… notre timing est parfait ! C’est vraiment spectaculaire, j’en frissonne encore quand j’en parle. Il y a tout au long de la route plusieurs affûts où on peut aussi s’arrêter bien évidemment.
Sur le retour, la balade a tellement été enrichissante et notre guide tellement sympathique que j’en profite pour lui demander si elle a quelque chose de prévu ou s’il nous est possible d’ajouter une seconde excursion en sa compagnie pour l’après‑midi. Elle est libre et passe donc un appel téléphonique pour prévenir le bureau qu’elle reste avec nous pour toute la journée. Nous l’invitons à déjeuner et nous repartons vers le Sendero Enigma de las Rocas sur ses conseils. Cette fois‑ci, nous allons tenter d’observer de petits oiseaux. Malheureusement, nous n’en verrons pas beaucoup, nous les entendrons seulement. Nous verrons toutefois de petites tortues et nous aurons la possibilité de faire une baignade dans un cénote en toute tranquillité. Le lieu est calme, presque secret, entouré de végétation.
Une fois de retour à la pension, direction la plage pour un petit cocktail, tellement celui de la veille était bon. On commence à peine à être là et on a déjà nos habitudes. On en profite pour aller se balader vers le petit port de pêche. Plus qu’un port, il s’agit de quelques pontons en bois avec essentiellement des barques de pêcheurs. Il n’y a pas grand monde le soir, je pense que les pêcheurs sont là plutôt au petit matin pour aller pêcher.
Plonger sur la côte sud
Nous avons choisi de plonger avec le club de plongée de Playa Larga. Cette structure, située à la sortie du village, demande à ses clients de préparer leur équipement sur le parking du club. Ensuite, tout le matériel est chargé dans le coffre d’un bus scolaire américain jaune, dans lequel les plongeurs montent également.
Nous concernant, ayant décidé de ne faire qu’une plongée et non deux, nous suivrons le bus avec notre propre véhicule pour accéder au site et rejoindre le reste du groupe à l’arrivée.
Nous entrons alors gratuitement sur le parking d’un restaurant qui propose également une activité snorkeling pour stationner notre véhicule. Accompagnés d’un moniteur, nous nous équipons et partons du bord à la palme. Le spot est splendide. Les coraux sont intacts et la visibilité est excellente.
La vie locale
Le samedi soir est organisée une soirée sur la place du village. Dans la journée, nous avons remarqué une semi‑remorque sur la place centrale.
En fin d’après‑midi, un groupe de musiciens s’y installe. Et de petites guérites fleurissent un peu partout autour de la place, laissant une grande place libre au centre. À la tombée du jour, des guirlandes mises en place au préalable éclairent les stands (cocktails, beignets ou autres spécialités culinaires).
La soirée est lancée : les habitants se retrouvent sur la place en famille et entre amis pour faire la fête et danser jusqu’au bout de la nuit. Très vite, nous nous mêlons à eux. Tout le monde danse et chante, c’est pour nous une immersion totale.
❤️ Il s’agit de notre étape coup de coeur du voyage. C’est ici de nous avons fait les plus belles rencontres et passé les meilleurs moments avec les locaux. Peu de touristes y séjournent. La plupart des plongeurs font l’aller-retour en bus dans la journée depuis les resorts du nord pour explorer les fonds marins uniquement.
LAS TERRAZAS
1 nuit
Après notre parenthèse enchantée à Playa Larga, nous reprenons la route en direction de Las Terrazas, une étape que nous avons choisie pour couper la longue distance vers Viñales (sans repasser par La Havane). La route traverse des villes restées dans leur jus, peu fréquentées, avec très peu de circulation et beaucoup de vieilles voitures. Nous arrivons dans une casa particular très simple, située au bord d’une route secondaire. Elle ne dispose que de deux chambres, et le repas du soir est servi dans un petit espace attenant à notre chambre.
Le lendemain matin, nous découvrons une scène typique de la vie cubaine : juste en face de la casa, les enfants du hameau se rassemblent pour attendre le bus scolaire qui les emmène à l’école.
Découverte du parc de Las Terrazas
L’après‑midi de notre arrivée, nous partons découvrir le parc de Las Terrazas. Le lieu est paisible, avec un grand étang — ou peut‑être un lac — autour duquel nous nous promenons tranquillement.
Nous nous arrêtons au Café de María, mentionné dans notre guide. Nous y goûtons deux cafés différents, pour découvrir les variétés locales. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’explorer les sentiers du parc : notre passage ici est bref, juste un aperçu.
Nous faisons le tour du lac, nous nous posons, nous prenons notre temps. Nous mangeons même une part de pizza au bord de l’eau, pour changer d’environnement après beaucoup de route.
Le soir, comme dans toutes les casas, le repas suit le même principe : une soupe, puis poulet ou poisson, crudités, riz. Au petit déjeuner : œuf, café ou thé, jus de fruits frais, tartines, beurre, confiture.
Le lendemain matin, nous reprenons la route vers Viñales.
VINALES
3 nuits
Sur la route entre Las Terrazas et Viñales, nous croisons des peintures et dessins représentant Fidel Castro et la révolution. Beaucoup de gens se déplacent à pied ou à vélo : la voiture reste un luxe. Les vieilles voitures américaines que nous croisons sont souvent des taxis pour touristes.
Nous arrivons à Pinar del Río pour visiter la plantation Robaina. Nous avons de la chance : il n’y a personne. Un autocar de touristes arrive peu après, mais nous faisons la visite seuls, avec le représentant de la plantation.
La plantation de tabac Robaina et la distillerie artisanale
Le propriétaire nous montre d’abord les plants de tabac sous serre, soigneusement alignés, protégés de la pluie et du vent. Nous découvrons ensuite l’historique de la famille, leur savoir‑faire transmis de génération en génération, et toute la préparation des cigares, depuis la feuille fraîche jusqu’au produit fini.
Nous observons un professionnel rouler les cigares. Le geste est précis, maîtrisé : il sélectionne les feuilles, les roule avec une étonnante dextérité, les calibre, les tasse, vérifie leur densité… Voir ce travail manuel, si minutieux, si ancré dans la tradition, est un moment très intéressant, profondément authentique.
Nous visitons ensuite une distillerie dans le centre de Pinar del Río. L’entrée n’a rien de touristique : pas de panneau, pas de boutique, juste une porte ouverte sur le quotidien. La dame qui nous accueille est d’une adorable. Elle nous fait visiter les lieux, nous explique son travail, et sollicite même une photo avec nous. Encore un moment simple, sincère, au plus près de la population cubaine.
Journée à cheval dans la vallée de Viñales
Le lendemain, nous partons pour une journée à cheval, proposée par notre casa. Nous demandons un guide uniquement pour nous deux : la casa accepte sans supplément.
Les chevaux sont autoguidés, plus petits qu’en France, et connaissent le circuit par cœur. Nous avançons au pas, tranquillement.
Nous nous arrêtons près d’un petit étang. Nous sommes seuls avec notre guide. Nous découvrons les champs de tabac à perte de vue, avec les mogotes en arrière‑plan : ces montagnes arrondies, uniques au monde. Un paysage digne d’une carte postale.
Lors d’un second arrêt, nous assistons à une démonstration de roulage de cigares. Ici, nous ressentons davantage le côté touristique : bancs alignés, groupes nombreux, guide unique pour des dizaines de personnes.
Enfin, nous découvrons les caféiers, la mouture, les dosages, et dégustons un café du producteur. Nous réalisons que nous sommes privilégiés d’avoir un guide rien que pour nous.
Point de vue & Caverna de Santo Tomás
Nous explorons ensuite la Caverna de Santo Tomás : casque, lampe frontale, bonnes chaussures… Une immersion dans la nuit totale.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à l’Hôtel Los Jasmines, réputé pour offrir un point de vue exceptionnel sur les mogotes. Nous y restons un petit moment, profitant ainsi du soleil couchant en frottant un verre en terrasse.
Cayo Jutias
Le lendemain, nous partons pour Cayo Jutías. La route qui y mène est un véritable défi : défoncée, pleine de nids‑de‑poule, parfois presque impraticable. Nous avançons lentement, en zigzaguant pour éviter les trous, et chaque kilomètre parcouru ressemble à un petit exploit. Cela donne déjà à l’excursion un caractère particulier, presque aventureux.
Lorsque nous arrivons enfin sur place, nous découvrons une ambiance totalement différente de ce que nous avons vu jusqu’ici. Il y a quasi uniquement des locaux, ce qui donne au lieu une atmosphère très authentique, loin des plages touristiques.
La plage est bordée de grands arbres morts, blanchis par le soleil et le sel, sur lesquels les visiteurs accrochent leurs affaires. Ces silhouettes d’arbres donnent au paysage un aspect presque irréel, comme figé dans le temps. J’opte pour une pause baignade.
Un phare rouillé se dresse un peu plus loin, témoin silencieux de l’histoire du lieu. L’eau est peu profonde, calme, d’un bleu très doux. Tout semble simple, brut, naturel.
L’ambiance est vraiment hors du temps : musique locale dans l’unique paillote de la plage, pas de foule, pas de structures touristiques envahissantes. Juste la mer, le vent, les arbres, et quelques familles cubaines venues profiter de la journée.
Nous mangeons sur place, puis nous reprenons la route par un autre chemin, quasi désert, où nous croisons à peine quelques voitures. Ce retour tranquille prolonge la sensation d’isolement et de sérénité que nous avons ressentie toute la journée.
LA HAVANE
1 nuit
Nous retournons à La Havane pour notre dernière nuit. Nous décidons de faire une tournée des bars mythiques.Pour marquer cette dernière soirée, nous décidons de faire une tournée des bars mythiques de la capitale, ceux dont on entend parler partout, ceux qui ont une histoire, une âme, une musique, une réputation.
Nous voulons profiter une dernière fois de l’ambiance havanaise : les façades colorées, les rues animées, les voitures anciennes qui passent, la musique qui s’échappe des portes entrouvertes, les conversations qui résonnent jusque tard dans la nuit. C’est notre façon de dire au revoir à la ville : en la vivant pleinement, en nous laissant porter par son énergie, en savourant ses cocktails emblématiques et ses lieux chargés d’histoire.
Soirée cocktails et gastronomie à La Havane
Nous tentons d’aller dans le bar le plus réputé pour les mojitos, La bodeguita, celui dont tout le monde parle, mais il est complètement bondé. Impossible d’entrer : la foule déborde jusque sur le trottoir, et nous comprenons immédiatement que nous n’aurons aucune chance d’y trouver une place.
Nous nous dirigeons alors vers un bar nouvelle tendance, vivement recommandé par le Lonely Planet. L’ambiance y est plus calme, même s’il faut patienter un peu avant d’être installés. Après quelques minutes d’attente, nous obtenons une table à l’étage, dans une petite salle au charme discret. Le mojito que nous y dégustons est excellent : équilibré, parfumé, rafraîchissant. Un vrai plaisir pour cette dernière soirée.
Pour marquer la fin du voyage, nous choisissons ensuite un paladar gastronomique, Los Mercaderes. Le lieu est très spécial : une atmosphère élégante, une décoration soignée, et une cuisine cubaine raffinée qui change des repas plus simples des casas. C’est une belle parenthèse, une façon de célébrer notre dernière nuit à La Havane.
Nous terminons la soirée à El Floridita, le bar mythique où a été créé le daikiri. L’endroit est animé, vibrant, chargé d’histoire. Nous y restons jusqu’à 2h du matin, entre musique, cocktails, discussions et ambiance cubaine. Une fin de voyage magique, exactement comme nous l’espérions.
Notre dernièr jour à Cuba
Le lendemain marque vraiment la fin de notre voyage. C’est aujourd’hui que nous reprenons l’avion.
Nous profitons alors de notre dernière matinée pour visiter la Cámara Oscura, un lieu étonnant qui offre une vue panoramique sur La Havane. Depuis là‑haut, la ville s’étend sous nos yeux. C’est comme si nous pouvions embrasser toute La Havane une dernière fois avant de partir.
Nous prenons ensuite un dernier verre, puis un dernier déjeuner, en savourant chaque instant, chaque détail, chaque ambiance. On observe les gens, on écoute les bruits de la ville, on profite du soleil… On se laisse imprégner une dernière fois de cette énergie si particulière.