Itinéraire Costa Rica 12 nuits
Le 8 septembre, nous quittons Paris à bord d’un vol Air France, direction San José, capitale du Costa Rica. Lorsque nous atterrissons en fin d’après‑midi, notre chauffeur nous attend à l’aéroport et nous conduit directement à l’hôtel, situé en bordure de ville pour faciliter la suite du voyage.
Le décalage horaire nous maintient dans une sorte de flottement. Nous faisons un petit tour du quartier, juste pour nous imprégner de l’atmosphère locale, avant de regagner notre chambre. Nous nous couchons sans même dîner : les repas et en‑cas du vol ont largement suffit.
Après une nuit calme et réparatrice, nous descendons prendre un petit‑déjeuner copieux tôt le lendemain matin. Dans le hall, nous attendons la livraison de notre voiture de location, directement à l’hôtel. Une fois le contrat de location signé et le tour du véhicule effectué, nous prenons la route en direction de Tortuguero.
Tortuguero : un voyage au cœur de la jungle et des canaux sauvages
2 nuits
Après plusieurs heures de route, nous atteignons La Pavona, au nord‑est du pays. Nous y laissons la voiture sur le parking avant d’embarquer, avec nos sacs, dans un bateau collectif qui remonte le Rio de la Suerte. Les canaux sont bordés d’une végétation dense et impressionnante. Pendant une heure, nous naviguons au gré des bifurcations, observant la faune et la flore qui semblent surgir de partout. Lorsque nous débarquons au pied de notre hôtel, situé à l’extrémité du village, nous avons la sensation d’être au bout du monde.
À Tortuguero, pas de voitures. Une longue rue traverse le village, bordée de quelques contre‑allées, le tout posé entre jungle et océan, accessible uniquement par voie navigable. Le choix de notre hébergement nous offre une liberté précieuse : nous pouvons nous promener dans le village à toute heure, sans dépendre des bateaux‑taxis comme les voyageurs logés dans les lodges isolés. Nous partons donc découvrir les environs à pied, puis profitons de la piscine pour nous rafraîchir et nous détendre.
Nous retournons dans le village plus animé en soirée et dîner au restaurant.
Le lendemain matin, nous quittons l’hôtel très tôt et traversons le village en pied pour rejoindre notre guide francophone. Nous allons naviguer en pirogue privative sur les canaux du parc, à la recherche des animaux qui font la réputation de Tortuguero : caïmans, singes hurleurs, singes araignées, iguanes, basilics, oiseaux multicolores…
La visite est longue, immersive. Très vite, nous prenons conscience de notre chance : notre guide privilégie les petits canaux, presque déserts, où notre pirogue peut s’enfoncer sans bruit, contrairement aux bateaux à moteur des lodges. Ce moment suspendu, fait de calme et de contemplation, semble figer le temps. Une sérénité rare.
Après la balade en pirogue, nous retournons à l’hôtel pour prendre le petit‑déjeuner, puis repartons vers l’entrée du parc terrestre. Le même billet d’entrée permet d’accéder à la fois aux canaux et au parc terrestre, ce qui facilite la visite.
Nous longeons la plage par le sentier du parc national. Pendant plusieurs heures, nous observons à nouveau des animaux, notamment des singes hurleurs dont les cris résonnent au loin. À un moment, nous nous retrouvons sous un groupe de singes particulièrement agités. Nous ne restons pas longtemps : l’idée qu’ils puissent nous sauter dessus nous incite à poursuivre notre chemin.
La plage est vaste, sauvage, magnifique. La mer est très agitée, les courants puissants : il est déconseillé de s’y baigner. Nous nous contentons de marcher, d’observer, d’imaginer les lieux de ponte des tortues que nous devrions voir le soir même, en attendant la confirmation de l’horaire.
Nous retournons ensuite à la piscine de l’hôtel pour nous rafraîchir et terminer l’après‑midi tranquillement. Depuis bassin, nous observons les iguanes qui se promènent autour de nous, les oiseaux qui viennent boire l’eau de la piscine, et même des aras perchés dans les arbres voisins. Cet endroit isolé, enveloppé de végétation, regorge de vie. Une immersion totale.
Le soir, nous partons pour un tour d’observation de la ponte des tortues marines sur la plage de Tortuguero. La sortie dure deux heures. Mais très vite, nous réalisons que l’expérience n’est pas aussi intime que nous l’espérions : nous faisons partie d’un groupe de huit personnes, et les groupes se succèdent pour une seule tortue qui doit pondre ce soir‑là.
Nous restons en retrait pendant que le guide vérifie régulièrement si la tortue commence à pondre. Une fois la ponte engagée, nous avons le droit d’approcher par petits groupes. Notre groupe, s’avance quelques instants au pied du nid, puis doit laisser la place au groupe suivant. Cinq groupes se succèdent ainsi pour chacune des étapes de la ponte. La prise de photos est interdite.
Pour la tortue, cela représente une nuisance importante. L’événement est unique, bien sûr, mais nous aurions préféré une approche plus respectueuse, plus intime, moins touristique. Préserver la nature reste pour nous une priorité.
Le lendemain matin, nous repartons en bateau collectif pour rejoindre La Pavona et récupérer notre voiture de location et reprendre la route vers le nord, en direction de Boca Tapada.
Boca Tapada : le refuge secret où la nature et les rencontres changent tout
2 nuits
En chemin, un petit restaurant local, au bord de la route, attire notre attention. L’endroit ne paie pas de mine, mais nous décidons de nous y arrêter. Il n’y a pas de carte, les propriétaires ne parlent ni anglais ni français, et mon espagnol est très limité. Alors, pour nous expliquer les plats, ils vont chercher des légumes dans la cuisine, les montrent, les nomment, tentent de nous faire comprendre avec des gestes. Nous répondons oui à tout, amusés par cette scène improvisée. Résultat : un repas gargantuesque arrive devant nous, alors que les petits-déjeuners costariciens sont déjà très copieux — haricots rouges, riz, avocat, tortillas… Ce qui devait être une simple pause pour boire un verre se transforme en festin que nous avons du mal à terminer. Les gérants, eux, sont ravis de nous accueillir. Nous prenons nos plats en photo, les remercions chaleureusement. Leur gentillesse nous touche.
Nous reprenons ensuite la route vers Boca Tapada, une étape hors des sentiers battus, souvent proposée aux voyageurs qui souhaitent éviter la fréquentation de Tortuguero. Nous avons déjà eu la chance à Tortuguero (selon les locaux il y avait peu de monde lors de notre passage), mais Boca Tapada est encore plus retiré, encore plus préservé.
La région est agricole, située dans les plaines du nord, tout près de la frontière avec le Nicaragua. C’est un refuge, un paradis isolé. Pour rejoindre notre lodge, la route se termine par un chemin de terre. Nous devons garer la voiture sur le parking de l’hôtel, puis traverser la rivière à bord du bateau de l’établissement. Quelques minutes suffisent pour atteindre cet îlot entièrement dédié à l’hôtel : un écolodge de qualité, niché au cœur d’une réserve où cohabitent pas moins de 410 espèces. Les grands aras verts, les macaos, et une multitude d’oiseaux colorés y vivent en liberté.
La journée a été longue : route, traversée, installation. Nous profitons donc de la piscine, nichée dans un écrin de verdure. À 18h, les singes hurleurs se mettent à crier — uniquement à cette heure-là, pour une raison mystérieuse. Le lodge semble alors suspendu dans la jungle, une oasis enveloppée de sons et de végétation. Le soir, nous dînons très bien au lodge, avant de regagner notre chambre.
Le lendemain matin, nous reprenons le bateau pour récupérer la voiture : nous sommes attendus pour un atelier de cuisine. Doña Hellen et Juan Carlos nous accueillent dans leur maison pour préparer un plat traditionnel : les Tamales, souvent consommée pour les fêtes de fin d’année. À base de maïs, fourrés de haricots noirs, parfois de viande ou de légumes, et enroulés dans des feuilles de bananiers, ils se cuisent traditionnellement dans l’eau à couvert et à feu doux pendant 2h. Nous préparons la pâte, les feuilles, la garniture. Nous allumons le feu dehors et mettons les tamales à cuire. La cuisson étant longue, Juan Carlos nous propose de visiter le village.
Nous acceptons avec plaisir. Nous traversons le terrain de foot face à l’école – les deux sont toujours associés dans les villages- et allons découvrir la chapelle. Puis, il nous emmène voir des toucans, dont une espèce que nous n’avions encore jamais observée, avec un bec multicolore. Nous entrons dans un terrain pour les approcher au plus près, afin que je puisse faire de belles photos. Juan Carlos met tout son cœur à nous montrer ces merveilles.
Lorsque nous revenons, la cuisson se poursuit. Nous nous installons dehors pour manger. Doña Hellen et Juan Carlos nous rejoignent ensuite pour le café. Grâce à leur téléphone mobile, nous échangeons quelques mots, ils nous racontent leur vie, leur fille qui vit aux États-Unis. Ils sont heureux de partager ce moment avec nous, malgré les difficultés du quotidien. Leur simplicité et leur chaleur nous touchent profondément.
Après le repas, nous prenons la direction d’une plantation d’ananas bio. Le guide nous explique comment l’ananas est récolté et combien de fois le même pied peut produire des ananas avant d’être remplacé. Il nous explique aussi la mutation progressive des production classique vers des productions bio par la plantation d’espèces d’arbres protégeant la plantation d’ananas et évitant l’emploi d’insecticides. Après la visite de l’exploitation, nous dégustons du jus d’ananas frais et des petits gâteaux maison, accueillis comme si nous étions de la famille. Les propriétaires nous offrent même un ananas. Nous ne savons pas encore quand nous pourrons le savourer, mais nous tenterons de le faire préparer par l’hôtel lors d’une de nos prochaines étapes.
Le lendemain matin au lever du jour, nous décidons de parcourir les sentiers du refuge. Septembre est une saison très verte, idéale pour observer la faune et la flore, mais elle apporte aussi son lot d’aléas. Après environ trois quarts d’heure de marche, un orage éclate. La pluie se met à tomber violemment, et nous devons rebrousser chemin. Nous arrivons à notre chambre complètement trempés, mais ravis de cette aventure. Nous avons profité de l’aurore, des bruits de la jungle, du réveil des animaux. Un moment mémorable.
Nous prenons notre dernier petit-déjeuner dans ce petit paradis avant de partir vers notre prochaine destination. Nous serions volontiers restés plus longtemps dans cette oasis de verdure.
Arenal : papillons, jungle nocturne et sources chaudes face au volcan
2 nuits
Direction La Fortuna, plus précisément La Fortuna de San Carlos, au pied du volcan Arenal. Le volcan apparaît comme un cône parfait, majestueux, presque irréel. Et nous avons la chance, en arrivant, de le voir entièrement dégagé : aucun nuage, une visibilité totale. Nous profitons pleinement de cette vue spectaculaire.
Pour cette étape, nous avons choisi un écolodge qui dispose depuis peu de son propre dôme à papillons. Nous traversons un vaste jardin pour y accéder, puis passons un sas avant d’entrer dans ce grand dôme grillagé où les papillons évoluent librement. Des fleurs partout, des couleurs, des battements d’ailes… Je n’ai jamais vu ni photographié autant de papillons différents. Un vrai bonheur, un exercice passionnant. J’aurais pu y rester toute la journée tant l’endroit est calme et apaisant.
Les bungalows en bois, retirés de la route, donnent au lodge une atmosphère authentique, respectueuse de l’environnement. Les équipes du restaurant et du bar sont adorables, toujours souriantes.
À la tombée de la nuit, nous participons à une visite guidée en petit groupe dans la réserve du lodge, consacrée aux grenouilles. Nous apprenons qu’elles sont essentiellement arboricoles, et que certaines espèces peuvent être dangereuses. Les bruits commencent à se faire entendre : les grenouilles chantent, mais on ne les voit pas. Il faut être attentif, car il y a aussi des serpents.
Nous avançons comme dans une chasse aux œufs de Pâques, cherchant les petites silhouettes colorées dans la végétation. Heureusement que le guide est là : sans lui, nous n’aurions rien vu. Les grenouilles sont minuscules, mais leurs couleurs éclatantes les rendent fascinantes — et souvent, plus elles sont colorées, plus elles sont toxiques.
Le lendemain matin, nous décidons au pied levé de réserver une sortie aux ponts suspendus du Mistico Park présent à proximité. Le parcours s’étend sur plusieurs kilomètres, avec des ponts de tailles et de hauteurs variées, plus ou moins stables. L’expérience est agréable, mais peut‑être moins impressionnante que celle de Monteverde. Nous ne voyons presque pas d’animaux, ce qui rend la balade un peu moins immersive que prévu, même si le cadre reste superbe.
En soirée, nous avons réservé une entrée aux sources d’eau chaude Ecotermales, avec dîner inclus. Le site est vraiment très beau : de nombreux bassins, chacun avec sa propre température, entourés de végétation. On peut même se faire servir un cocktail directement dans l’eau.
Nous avions choisi de dîner 30 minutes après notre arrivée (le premier créneau disponible), pour être libres ensuite de profiter des bassins jusqu’à la fermeture.
Si les bassins sont exceptionnels, le repas, en revanche, ne l’est pas: un buffet très américanisé, correct mais sans plus. Avec le recul, nous aurions pu ne réserver que l’accès aux sources et dîner au lodge ensuite, ou grignoter avant de partir.
Mon conseil : choisir uniquement la relaxation à Ecotermales, sans le dîner. Cette option nous avait été recommandée comme la meilleure alternative aux lodges disposant de leurs propres sources — souvent très chers — et c’est vrai : Ecotermales est une excellente option. Nous en profitons pleinement, dans une atmosphère douce et reposante.
Carara : crocodiles géants et première immersion sur la côte Pacifique
1 nuit
Le lendemain, nous prenons la route pour un long périple vers le sud‑ouest. Carara sera notre étape intermédiaire : faire la route d’une seule traite représenterait huit à neuf heures de trajet, alors cette halte nous permet de scinder l’itinéraire.
Nous sommes le jour de la fête nationale au Costa Rica. Certains centre-villes sont probablement fermés à la circulation et google maps semble nous jouer des tours. Nous nous retrouvons tour à tour sur un chemin de terre, sur une autoroute en construction que nous devons quitter quelques kilomètres plus loin car la rivière l’a submergée, puis la tête dans les nuages sur un petite route de montagne avant de retrouver la civilisation et le premier village… ouf… mais nous nous retrouvons dans les bouchons car il y a une parade en ville. Heureusement, nous disposons d’un 4×4 sans quoi nous serions surement restés bloqués quelques part avec ou sans réseau…
En toute fin de matinée, nous atteignons finalement le pont qui traverse le fleuve Tárcoles. Sous la rambarde, les grands crocodiles américains se dorent au soleil, immobiles, impressionnants. Le lieu est très fréquenté par les touristes, et il est fortement déconseillé de laisser la voiture sans surveillance. La police est d’ailleurs présente pour veiller au bon déroulement des visites.
Nous quittons la voiture quelques instants, nous avançons jusqu’à la rambarde, observons les crocodiles, prenons quelques photos, puis repartons.
Nous logeons dans le petit village de Quebrada Ganado. Par manque de temps, nous ne visiterons pas le parc national Carara : nous choisissons plutôt de nous reposer à la piscine du lodge. Mais dans cette région, en septembre, la saison des pluies est bien installée. À 15h30, au moment où nous mettons un pied dans la piscine, la pluie arrive, suivie d’un orage violent : éclairs, tonnerre, pluie torrentielle. Le toit en tôle du lodge amplifie le bruit, transformant l’averse en véritable concert tropical. Une expérience en soi.
À 19h, nous partons dîner dans un restaurant voisin — le lodge ne propose pas de restauration — et nous y allons en voiture, car il pleut toujours. Le repas est simple, typique, chaleureux. Nous rentrons tôt pour nous reposer. Carara aura été une halte technique, avant de rejoindre Uvita, où nous espérons voir les baleines.
Sur la route vers Uvita, il y a un arrêt à ne pas manquer. A la sortie de Jaco, en bord de route, il y a toute une colonie de aras rouges qui a élu domicile dans les arbres. C’est une parenthèse magique et fascinante. Mon appareil photo fonctionne à fond afin de tenter de capturer l’instant parfait.
Uvita : baleines, jungle luxuriante et lodge d’exception
2 nuits
À Uvita, nous avons choisi un écolodge quatre étoiles, doté d’un restaurant gastronomique, d’une piscine, d’un jacuzzi, d’une piscine naturelle et de sentiers menant jusqu’à la plage. Nous profitons de toutes les installations, à commencer par le dîner gastronomique. La restauration est coûteuse : le Costa Rica est souvent appelé la Suisse de l’Amérique centrale, le pays le plus cher de la région.
Chaque matin, nous avons la chance de bénéficier d’un temps dégagé. Le soleil accompagne le petit‑déjeuner, puis toute la matinée, nous permettant de nous promener et de profiter du lodge. Ce n’est que vers 16h–17h que l’orage arrive, comme un rendez‑vous quotidien. Mais la pluie ne nous gêne pas : le coucher de soleil sur l’océan reste visible, même si le ciel au‑dessus de nous est chargé. Nous savourons ce moment depuis le deck couvert du lodge, une bière à la main, avant d’aller dîner. Cette étape sera finalement très agréable, presque préservée de la pluie.
Avant notre installation au lodge, nous avons visité le refuge Baru, un lieu d’importance biologique qui abrite mangroves, forêt primaire et secondaire, plages et rivières. Nous tentons de suivre un sentier, mais il est très boueux à cette période. Nous avançons malgré tout, en bottes, jusqu’à ce que l’eau devienne trop profonde et que le risque de croiser un serpent nous incite à faire demi‑tour.
De retour à l’entrée, nous indiquons précisément au refuge la portion que nous avons parcourue, afin qu’ils puissent conseiller les prochains visiteurs. Ils sont étonnés de notre progression, car nous sommes allés vraiment loin malgré les conditions. Nous avons pu observer de nombreux animaux. Une expérience intense, authentique, marquante.
Le lendemain matin, nous rejoignons le centre d’Uvita tenter d’observer les baleines dans les eaux du parc national Marino Ballena. Et nous les verrons.
Il y a plusieurs bateaux, mais la fréquentation reste raisonnable : trois à quatre bateaux maximum autour d’une baleine et de son baleineau (10 à 15 passagers par bateau). La mer, en revanche, est agitée. J’avais oublié de prévoir quelque chose contre le mal de mer, et l’attente sur le bateau, immobile, a été longue et difficile. Heureusement, des plateaux de fruits sont servis à bord, ce qui m’aide à tenir, ainsi qu’un bon petit‑déjeuner pris le matin même.
Pour rejoindre le bateau, nous partons de l’entrée du parc à pied, traversons la plage — la mer est très retirée à cette heure‑là — puis embarquons une fois le bateau mis à l’eau depuis une remorque tirée par un tracteur. Le retour se fait de la même manière.
Après l’excursion, nous pouvons rester dans le parc pour en profiter un peu. Nous ne nous baignons pas, mais nous marchons jusqu’au tombolo en forme de queue de baleine, emblème du parc. Il est plus spectaculaire vu du ciel que depuis le sol, mais l’endroit reste unique.
L’après-midi, nous explorons l’un des sentiers du lodge qui mène en bord de mer puis nous nous relaxons en profitant des installations à disposition.
Manuel Antonio : sentiers tropicaux, singes rares et plages paradisiaques
1 nuit
Après nos deux nuits à Uvita, nous reprenons la route vers Quepos pour une étape d’une nuit. Nous arrivons dans l’après‑midi. Notre hôtel est situé en bord de route, non loin du parc Manuel Antonio, alors nous en profitons pour descendre repérer l’entrée : voir comment se présentent les parkings, comprendre un peu la logistique pour le lendemain.
Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un bar avec vue sur l’océan. Depuis la terrasse, des singes évoluent dans les arbres juste en face, comme s’ils venaient saluer les visiteurs. Nous optons pour un cocktail de fruits, puis poursuivons notre chemin vers un restaurant tout proche où nous pouvons nous garer facilement. Un petit patio à l’arrière, invisible depuis la route, nous offre un dîner tranquille, agréable. Nous rentrons ensuite à l’hôtel pour la nuit.
Ce matin, nous descendons au petit déjeuner le plus tôt possible : l’entrée du parc se fait sur choix d’un créneau horaire à respecter, et nous avons réservé le premier disponible, en nous laissant seulement trente minutes de marge pour petit-déjeuner.
Une fois garés, nous pensons que l’entrée du parc est juste à côté… mais il faut en réalité traverser un chemin bordé de marchands ambulants avant d’atteindre le poste de contrôle. Les sacs sont vérifiés : aucune bouteille plastique, aucun sac plastique n’est autorisé. Nous pouvons entrer avec nos gourdes, que nous pourrons remplir aux fontaines du parc. Tout est pensé pour limiter l’impact sur l’environnement.
Le parc est petit : les sentiers font entre 1 et 2 km. Nous en explorons plusieurs : Mirador, Punta Cathedral, Catarata.
Le premier sentier – Mirador- grimpe jusqu’à un point de vue sur l’océan. Il est assez escarpé, assez difficile, et je le recommande vraiment en tout début de matinée : la chaleur rend la montée bien plus éprouvante ensuite.
Étant parmi les premiers visiteurs, nous rencontrons de nombreuses toiles d’araignées sur notre passage. Celles que nous voyons, nous les évitons. Celles que nous ne voyons pas… nous nous y emmêlons un peu. Une expérience très “jungle”, authentique.
Le second sentier – Punta cathedral – mène vers la plage et un petit îlot situé sur la pointe du parc. Nous y observons des singes, des oiseaux, et de nombreuses espèces. Le parc est très fréquenté, mais la faune reste bien présente.
Nous avons la chance d’apercevoir le singe écureuil, une espèce menacée que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Il n’en resterait qu’environ 1500 individus selon le dernier recensement.
Les plages sont belles, mais nous ne nous baignons pas. Nous profitons simplement du sable, de la lumière, de l’ambiance tropicale. Il fait très chaud, nous marchons beaucoup.
Volcan Poás : cratère actif, brume mystique et montée en altitude
1 nuit
Après notre visite du parc Manuel Antonio, nous repartons en début d’après‑midi, pour remonter jusqu’à Poás. La route est longue — quatre heures — et nous voulons arriver avant la nuit.
Mais à peine sortis du parc, nous sommes bloqués par un embouteillage interminable : les équipes d’élagage sont en train de couper des arbres le long de la route. Nous sommes en basse saison, le moment où il y a le moins de touristes, donc celui où les travaux peuvent être réalisés. Nous resterons plus d’une heure à l’arrêt, à seulement 500 mètres de l’entrée du parc.
Comme les Costariciens, nous prenons notre mal en patience. Inutile de klaxonner, de s’énerver, de sortir de la voiture : la nature passe avant tout, et ici, c’est une évidence. Les routes sont limitées en vitesse, les amendes très élevées, et il est recommandé de rouler lentement pour protéger les animaux susceptibles de traverser.
Finalement, nous arrivons à Poás vers 18h30, sous une pluie battante et une température de 15°C. Nous venons de passer de 30–35°C à 15°C en quelques heures : la montagne, l’altitude, le changement brutal. Nous sommes à vingt minutes de route du volcan.
Nous prenons possession de notre chambre, trempés, encore habillés comme au bord du Pacifique — débardeur, short — alors qu’il pleut des cordes. La réceptionniste, en anorak, esquisse un sourire. Le contraste est saisissant.
Notre chambre ressemble à un chalet de montagne : chauffage allumé, couvertures épaisses, ambiance réconfortante. Nous prenons une longue douche chaude pour nous détendre et nous réchauffer après la route. Le soir, nous profitons d’un excellent repas préparé avec des produits locaux.
Le lendemain matin, nous nous préparons pour aller voir le cratère du volcan Poás. Il faut arriver avant 10h pour espérer le voir dégagé. Nous sommes un peu contraints par l’horaire du petit‑déjeuner, alors nous choisissons le créneau d’entrée à 9h.
À l’entrée du site, de grandes pancartes annoncent clairement la couleur : à partir de ce point, nous sommes responsables de nous‑mêmes, conscients d’être sur un terrain à risque, et le volcan peut entrer en éruption à tout moment. Le site décline toute responsabilité.
C’est impressionnant, mais nous sommes décidés. Nous entrons.
Nous avons choisi Poás parce que le cratère est accessible facilement à pied : quelques kilomètres seulement après le parking, sur une large route, sans dénivelé important. Pas besoin d’une grande condition physique pour atteindre le cratère.
Le volcan Poás est un stratovolcan de 2708 m, très actif, doté de l’un des plus grands cratères au monde.
Et nous aurons la chance de le voir dégagé pendant 10 à 15 minutes.
Les nuages arrivent ensuite, lentement, puis envahissent tout et le cratère disparaît complètement. Il aurait peut‑être fallu venir à 7h du matin, faire l’impasse sur le petit‑déjeuner… mais rien n’est garanti.
Nous sommes ravis d’avoir eu ces quelques instants magiques : les fumerolles, la couleur du cratère, l’immensité du paysage. Des panneaux explicatifs montrent les impacts au sol des projections récentes. C’est impressionnant, presque irréel.
Nous décidons ensuite de marcher sur le sentier qui contourne partiellement le volcan : faune, flore, oiseaux, lac de cratère… Une balade douce après l’intensité du sommet.
Cet endroit nous a profondément marqués. On s’y sent minuscule. Le volcan est encore actif, et même si nous n’avons pas ressenti de tremblements de terre, savoir que toute une chaîne volcanique traverse le pays donne matière à réflexion.
Nous retournons à l’hôtel. La météo est défavorable. La région est très pluvieuse en septembre. Nous hésitons à repartir vers San Jose pour visiter la ville, mais la pluie ne cesse pas.
Finalement, nous restons au lodge et profitons de la salle de jeux, au niveau -1 : billard, jeux de société, lecture. Quelques heures au chaud, à l’abri, pour savourer les derniers moments en montagne avant de rejoindre l’aéroport pour notre vol retour.
Conclusion
Ce voyage au Costa Rica nous aura menés d’un océan à l’autre, des canaux silencieux de Tortuguero aux plaines reculées de Boca Tapada, du cône parfait de l’Arenal aux forêts humides de Carara, des eaux du Pacifique à Uvita jusqu’aux hauteurs froides du Poás. Partout, la nature a dicté le rythme : les pluies soudaines, les cris des singes hurleurs, les papillons par dizaines, les baleines au large, les fumerolles d’un volcan encore actif.
Nous avons rencontré des gens simples et chaleureux, cuisiné des tamales au feu de bois, marché dans la boue, traversé des rivières, observé des animaux que l’on ne voit nulle part ailleurs. Chaque étape nous a rappelé que la nature n’est pas un décor, mais une force vivante qui impose respect et patience.
Le Costa Rica restera comme un voyage qui marque sans bruit : un pays où l’on se sent petit, mais pleinement vivant. Une parenthèse dense, sauvage, généreuse. Un endroit qui laisse en nous une trace douce, comme un parfum de jungle qui ne s’efface pas.